Canulars et escroqueries sur Internet

Savoir reconnaître un "hoax" ou une arnaque

4 avr. 2010 Cécile Duteil

Les messages que vous recevez peuvent dissimuler des pièges. Apprenez à les déjouer.

D'apparence anodine, certains messages venus de vos amis, d'organismes officiels ou d'inconnus peuvent avoir des conséquences regrettables. Sachez déceler les dangers.

Comment reconnaître un "hoax" ?

Un canular ("hoax" en anglais) revêt des formes variées. En général, c'est une information à caractère urgent ou important. Elle vous est retransmise par l'un de vos contacts, qui pense bien faire...

Voici quelques thèmes courants de messages à considérer comme suspects :

  • Une personne portée disparue
  • Un virus informatique
  • Une chaîne de solidarité (appel à la générosité) ou une pétition
  • Une désinformation (un fait scandaleux sur une personne, un produit ou une société)
  • Un message qui vous portera chance ou malheur selon que vous le renverrez ou non
  • Une blague, un diaporama
  • Une promesse de gains, etc.

Ces informations jouent sur votre corde sensible et vous poussent à diffuser rapidement ou largement le message à vos contacts.

Les canulars sont principalement envoyés par e-mail, mais ils font également leur apparition sur les réseaux sociaux (des sites comme Facebook, Myspace, Twitter) et par SMS.

Les dangers des canulars

Les messages à relayer à un maximum de personnes sont rarement sérieux. La plupart du temps, ce sont des canulars. Ils sont moins anodins qu'il n'y paraît.

  • Leur diffusion exponentielle encombre les serveurs, générant des risques de ralentissements.
  • Des pirates peuvent se servir de ce formidable support pour y incorporer un virus.
  • Certains canulars répandent des rumeurs diffamatoires sur des personnes ou des sociétés.

  • Ceux qui retransmettent ces e-mails songent rarement à entrer les adresses en "destinataires cachés". C'est une manne pour les auteurs de spams (publicités illicites) : ils ont une mine d'adresses à disposition.

  • Les appels liés aux canulars submergent les personnes ou les services dont les coordonnées sont diffusées, ce qui peut être vécu comme un harcèlement téléphonique.

  • Certains messages peuvent correspondre à de véritables informations, mais sont devenus désuets : ils ont circulé pendant des années, aucune date de référence n'est précisée.

  • À la longue, les informations réellement importantes risquent de passer inaperçues ou de ne pas être prises au sérieux.

Scénario catastrophe

Au travers d'un exemple concret, voici comment un canular diffusé en chaîne peut causer des torts fâcheux.

Un(e) ami(e) vous envoie un e-mail vous apprenant qu'une fillette leucémique, à l'article de la mort, a besoin d'un don de sang ou d'organe. Touché(e) par cette histoire, vous-vous empressez de transmettre le message à tous vos contacts, afin que la fillette ait des chances de trouver un donneur. Vos contacts font de même.

Parmi les milliers de personnes informées, quelques âmes charitables se portent volontaires pour secourir la fillette. Elles téléphonent au numéro indiqué dans le message. Soit il est faux, soit c'est celui d'un hôpital ou d'une famille. Le service hospitalier contacté risque d'être monopolisé inutilement pendant que des appels réellement importants auront besoin d'être interceptés. Ou bien le message est désuet et depuis, l'enfant a été sauvée... ou peut-être pas. Imaginez la douleur de sa famille, confrontée à des appels lui rappelant de tristes souvenirs !

Où et comment vérifier ?

Des sites fort utiles recensent les "hoaxes" en circulation sur la toile Internet. Avant de transférer massivement une information, pensez à consulter l'une des adresses suivantes :

  • www.hoaxkiller.fr
  • www.hoaxbuster.com

Vous pourrez y vérifier si un message est véridique et encore d'actualité ou non. Une plage permet d'insérer quelques mots clés. Le site fournira les résultats correspondant à votre recherche.

Si vous n'obtenez pas de résultat et que vous suspectez malgré tout un canular, vous rendrez service au site ainsi qu'à ses lecteurs en envoyant un signalement.

Quand vous envoyez un e-mail à de nombreuses personnes, pensez à les préserver des spammeurs en inscrivant leurs adresses dans la plage "destinataires cachés" (souvent désignée sous l'abréviation "Cci:"). Retirez également les adresses des précédents destinataires dans le corps de texte.

Autres formes de messages suspects

Moins fréquents mais tout aussi dangereux, d'autres types de messages peuvent vous conduire à des situations regrettables.

  • Un étranger prétendument fortuné et en danger cherche à mettre son argent en lieu sûr dans votre pays et fait appel à vos services. En croyant lui venir en aide, vous risquez d'engager des sommes d'argent importantes, que vous ne reverrez jamais. Ou bien les copies de vos papiers d'identité, envoyées comme justificatifs, serviront à fabriquer des faux.

  • Quelqu'un vous envoie un SMS vous demandant de le contacter. Un numéro est fourni, ou bien un code. Vous courez le risque d'être piraté ou d'être dirigé vers un numéro surtaxé.

  • Un message se faisant passer pour un fournisseur, par exemple votre banque ou votre opérateur téléphonique, demande vérification de vos informations personnelles. Un lien vous envoie vers une page pirate ayant toutes les apparences du site officiel. Vos coordonnées bancaires seront demandées pour être exploitées. Appelez votre fournisseur et vérifiez si la demande émane de lui ou non. Dans tous les cas, aucun site n'est censé vous demander vos codes personnels.

Voilà comment vous prémunir de quelques dangers du web. À moins que des amis ne cherchent à vous faire une bonne blague en vous faisant envoyer un faux message du Trésor Public...

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